Application De La Peinture Magie D D'ailleurs
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La magie est une pratique fondée sur la croyance en l'existence d'êtres, de pouvoirs et de forces occultes et surnaturels, permettant d'agir sur le monde matériel par le biais de rituels spécifiques.
Les évolutions des connaissances scientifiques dans le monde occidental chrétien depuis la période médiévale, en donnant des explications aux phénomènes naturels se sont progressivement opposées à la croyance en la magie [1] . Cependant, selon des anthropologues comme Evans-Pritchard [2] , qui décrit la magie chez les Azandé comme une philosophie naturelle associée à une réponse socialement appropriée et culturellement significative au problème de l'inconnu négatif [3] , la croyance en la magie ou sorcellerie n'est pas incompatible avec une appréciation rationnelle de la nature [4] . On peut aussi la décrire comme un ensemble d'activités et de technologies destinées à manipuler des agents et des énergies invisibles ou immatériels, non reconnus par la science [3] .
La distinction entre les pratiques magiques non orthodoxes et les pratiques religieuses légitimes est problématique dans le cas des traditions religieuses comme le Bouddhisme ou l'Islam [5] qui ne sont pas fondées sur des doctrines et des liturgies hautement codifiées, et n'encouragent donc pas les distinctions entre la prière, l'incantation ou les sortilèges dans la même mesure que le christianisme [3] .
Le domaine de la magie en est venu à incorporer des éléments qui, ailleurs, relèveraient de la catégorie de la religion, comme la Kabbale (une tradition de la mystique juive considérée comme ésotérique et secrète), le Yoga (un ensemble de doctrines spirituelles issu des religions indiennes dharmiques) [3] ou encore le Yi-Jing (ouvrage de divination issu de la cosmologie taoïste) [6] ; de ce fait, les approches ethnologiques contemporaines tendent à utiliser le terme de pensée magico-religieuse [7] .
Description [modifier | modifier le code]
Étymologie [modifier | modifier le code]
Le mot français « magie » vient du latin magia, lui-mĂŞme issu du grec μαγεία (mageia), « religion des mages perses », « sorcellerie [8] ».
Pour remonter plus haut, il faut aller jusqu'en Perse. Le mot maguš [9] , « mage » en vieux-perse, est visible pour la première fois sur une inscription gravĂ©e en 515 av. J.-C. Ă BĂ©histoun (Perse antique, Iran actuel), sur les exploits de Darius Ier , roi de Perse, qui a renversĂ© en 522 av. J.-C. Gaumâta, un mage mède qui s'est proclamĂ© roi de l'empire perse. « Darius le Roi dit : « Ensuite il y avait un homme, un Mage, du nom de Gaumâta [10] . » En perse, mag signifie « science, sagesse ». HĂ©raclite (vers 500 av. J.-C.) est le premier Ă utiliser le mot, en Ă©numĂ©rant « les somnambules, les mages (μάγοι), les bacchants [initiĂ©s Ă Dionysos], les mĂ©nades [initiĂ©es Ă Dionysos], et les initiĂ©s » [11] . HĂ©rodote, vers 420 av. J.-C., prĂ©cise le sens : « Les tribus mèdes sont : les Bouses, les ParĂ©tacènes, les Strouchates, les Arizantes, les Boudiens, les Mages (μάγοι) » [12] . En fait, les Mages forment la caste sacerdotale des Mèdes [13] , comme les Brahmanes sont la caste sacerdotale des Hindous. Certains Mages sont prĂŞtres. Ils ont diverses fonctions : interprĂ©ter les songes, pratiquer la divination, sacrifier au Soleil, Ă la Lune, Ă la Terre, au Feu, Ă l'Eau et aux Vents, chanter la thĂ©ogonie, participer au pouvoir politique, faire des sacrifices royaux, procĂ©der Ă des rites funĂ©raires. Comme le montre une sculpture de Kizkapan, ils portent un bonnet qui couvre la bouche, ils officient sur un autel du feu. Le mot « mage » existe donc en Occident depuis le V e siècleav. J.-C.
Vers le milieu du IV e siècleav. J.-C. le mot Mageia (en latin magia) est employĂ© par les Grecs en tant que doctrine issue de la Perse, notamment avec Zoroastre (vers 590 av. J.-C. ?) [14] . Parmi les Mages perses (et non plus mèdes), ou prĂŞtres de Zoroastre, les plus cĂ©lèbres sont : Ostanès le Mage [15] et Hystaspe, qui seraient venus en Occident dès 480 av. J.-C. Ils auraient accompagnĂ© Xerxès Ier , roi de Perse, en pleines « guerres mĂ©diques », jusqu'Ă Abdère [16] .
Le latin magus paraît dès 506 au concile d'Agde [17] .
Le mot de « magie » a longtemps Ă©voquĂ© des connotations nĂ©gatives, associĂ©es aux coutumes religieuses exotiques d'un Autre menaçant. Dans un sens ancien, le mot Ă©tait associĂ© Ă des pratiques qui Ă©taient Ă©tranges parce qu'elles Ă©taient Ă©trangères. Avec le temps, cependant, et en partie Ă cause de l'influence du christianisme, l'idĂ©e de magie s'est attachĂ©e Ă des pratiques spirituelles ou curatives qui, bien qu'issues des sociĂ©tĂ©s occidentales, Ă©taient classĂ©es comme excentriques, illĂ©gitimes ou douteuses en raison de leur statut externe ou marginal vis-Ă -vis de l'orthodoxie religieuse et scientifique. Au dĂ©but de l'Europe moderne, des connaissances et des pratiques obscures Ă©taient Ă©galement associĂ©es Ă des groupes marginaux comme les Juifs ou les paysans. MalgrĂ© ce changement d'orientation, le concept de magie a conservĂ© son association avec les notions de bizarrerie, de mystère et d'inorthodoxie [3] .
Définitions [modifier | modifier le code]
Le mot « magie » dĂ©signe tantĂ´t une technique (les arts magiques), tantĂ´t des procĂ©dĂ©s, des opĂ©rations, tantĂ´t une action, un effet, mais cela n'est pas si gĂŞnant. Par exemple, la magie de Merlin concerne soit l'art magique (art occulte : Merlin connaĂ®t et pratique des procĂ©dĂ©s occultes pour produire des effets merveilleux), soit des procĂ©dĂ©s magiques (techniques occultes : Merlin utilise des formules secrètes), soit des effets magiques (puissances mystĂ©rieuses : Merlin rend invisible).
ApulĂ©e : « La magie est la science de la piĂ©tĂ© et du divin […]. Mes adversaires, toutefois, peuvent adopter le sens du vulgaire, selon lequel le mage, Ă©tant en communautĂ© avec les dieux immortels, a le pouvoir de tout faire par la vertu mystĂ©rieuse des incantations » [18] .
Helena Blavatsky : « La magie, considĂ©rĂ©e comme science, est la connaissance des principes et de la voie par laquelle l'omniscience et l'omnipotence de l'Esprit et son contrĂ´le sur les forces de la nature peuvent ĂŞtre acquis par l'individu tandis qu'il est encore dans le corps. ConsidĂ©rĂ©e comme art, la magie est l'application de ces connaissances Ă la pratique » [19] . « La magie est la science de la communication avec les Puissances supra-mondaines Ă©ternelles et de leur direction, ainsi que du commandement de celles de ces puissances appartenant aux sphères infĂ©rieures ; connaissance pratique des mystères cachĂ©s de la nature connus seulement du petit nombre parce qu'il est très difficile de les acquĂ©rir sans tomber dans les pĂ©chĂ©s contre nature » [20] .
Aleister Crowley : « La Magie est la Science et l'Art d'occasionner des Changements en accord avec la VolontĂ© » [21] .
Papus : « La Magie est l'Ă©tude et la pratique du maniement des forces secrètes de la nature » [22] .
Pierre A. Riffard : « La magie est l'action efficace sur un objet rĂ©el ou mental, par la parole, le geste, l'image ou la pensĂ©e, indĂ©pendamment des catĂ©gories de l'ĂŞtre (espace, temps, causalitĂ©), mais conformĂ©ment Ă des correspondances soit analogiques [par exemple, rouge = le fer, le mardi] soit mĂ©caniques [rouge → excitation, mĂ»rissement] » [23] .
DĂ©finition du dictionnaire Hachette : « Science occulte qui permet d'obtenir des effets merveilleux Ă l'aide de moyens surnaturels. » L'idĂ©e de magie requiert d'admettre l'existence de forces surnaturelles et secrètes, contraindre les puissances du ciel ou de la nature, recourir Ă des moyens d'action qui ne sont ni religieux ni techniques mais occultes.
Mage, magicien, magiste y sont distingués.
- Le mage est un sage, qui connaît les secrets de la nature (les rois mages).
- Le magicien est un praticien, il réalise des merveilles ; dans les années 1760, on disait le comte de Saint-Germain magicien, car, soi-disant, il vivait depuis l'époque de Jésus, ne mangeait pas, créait des pierres précieuses, faisait disparaître les taches des diamants, transmutait les métaux en or...
- Le magiste est un sage praticien, il est à la fois savant comme le mage et habile comme le magicien ; au XIX e siècle, on considérait Helena Blavatsky et Papus comme des magistes.
- Le sorcier (en anglais sorcerer ) cherche Ă faire du mal, par diverses techniques magiques. « La puissance du magicien est merveilleuse, celle du sorcier diabolique et infernale » [24] .
- Le mage noir (en anglais witch ) nuirait par lui-même, du fait de sa présence ou de ses pouvoirs supposés maléfiques [25] .
D'autres personnes font des « miracles », mais autrement. Le prestidigitateur et le fakir utilisent l'illusion ; le mĂ©dium et le prodige ont un don ; le saint et le mystique comptent sur Dieu.
Principes théoriques de l'action magique [modifier | modifier le code]
La magie orientale — mĂ©sopotamienne, Ă©gyptienne, iranienne — explique ses effets par l'archĂ©type, le modèle divin ou cosmogonique. Ă€ ses yeux, pour agir magiquement il faut faire comme font les dieux ou faire comme ce fut Ă l'origine. Les dieux sont des exemples, des crĂ©ateurs, des tout-puissants, les origines sont des moments forts, ils concentrent des puissances idĂ©ales, des possibilitĂ©s. C'est donc magique, par identification, analogie. On lit souvent sur les papyrus Ă©gyptiens ou grĂ©co-Ă©gyptiens [26] : « Je suis Isis », « Je suis Osiris ».
BĂ´los de Mendès, le premier des occultistes, explique la magie par les « sympathies et antipathies » et par les « vertus occultes » [27] . D'après lui, la salamandre et le feu sont en sympathie, le coq et le lion en antipathie, en inimitiĂ© ; la dĂ©pouille d'un serpent a la propriĂ©tĂ© merveilleuse de favoriser les menstrues.
Pic de la Mirandole, en nĂ©oplatonicien, explique la magie par l'amour. « Les merveilles de l'art magique ne s'accomplissent que par l'union et l'actualisation des choses qui sont latentes ou sĂ©parĂ©es dans la nature. […] Faire de la magie n'est pas autre chose que marier le monde (Magicam operari non est aliud quam maritare mundum) ». Tout comme le vigneron fait une greffe de la vigne, le magicien lie l'infĂ©rieur au supĂ©rieur, le matĂ©riel au divin, sur le plan du cachĂ©, du latent, du sĂ©minal. Pour faire un talisman il faut lier le signe gravĂ© ou inscrit Ă un esprit planĂ©taire, Ă un des sefirot de l'arbre des kabbalistes [28] .
Paracelse explique la magie par l'astral, aussi bien l'Esprit sidĂ©ral que le corps astral (corpus sidereum), d'autre part il explique par la volontĂ© et l'imagination du mage. « L'Esprit sidĂ©ral » est la lumière rĂ©pandue dans notre esprit autant que la Raison universelle. « MĂŞme les choses insensibles, les plantes, les graines, les fruits, les pierres, etc., tout a un corps astral », celui-ci est un « aimant » qui attire « les influx sidĂ©raux », un « moteur » qui donne vie et esprit au corps Ă©lĂ©mentaire [29] . Le mage sait capter et diriger « les forces cĂ©lestes », « les puissances astrales » dans les objets terrestres, mais aussi utiliser les images, les lettres, les chiffres, les mots, les sons. La pensĂ©e de Paracelse reste toutefois difficile Ă apprĂ©hender.
Agrippa de Nettesheim, Giambattista Della Porta, Swedenborg, la majoritĂ© des auteurs expliquent la magie par les analogies et correspondances [30] pour le cĂ´tĂ© abstrait, par les liens ou les dĂ©liements pour le cĂ´tĂ© concret. C'est la fameuse notion de « ligature » (serrer un lien, faire un nĹ“ud). On a lĂ une idĂ©e magique de tous temps et pour tous lieux. Exemple : il y a, selon le magicien, analogie, ressemblance, mĂ©taphore, apparentement entre l'amour et un lien, un nĹ“ud, un enchaĂ®nement, donc, pour crĂ©er un amour de façon magique, le magicien fera un nĹ“ud. L'analogie crĂ©era le lien. Recette du IV e siècle : « Charme Ă©tonnant pour lier une femme aimĂ©e. Fais 365 nĹ“uds. » Recette de 1997 : « Pour attirer l'amour. Dans un ruban rouge vous aurez Ă©crit vos deux noms avec le sang de l'un des deux. Liez le ruban de manière Ă faire joindre les noms » [31] . L'action magique transfère Ă deux personnes le pouvoir qu'a le nĹ“ud sur deux cordes, celui d'unir, de rapprocher. Un mage d'une part scrute, connaĂ®t, d'autre part manipule, transfère les Ă©quivalences symboliques.
Franz Anton Mesmer (1766) et tout le mouvement du magnĂ©tisme animal expliquent par un « fluide magnĂ©tique universel », ou plus prosaĂŻquement par l'Ă©lectromagnĂ©tisme.
Éliphas LĂ©vi explique par la volontĂ© [32] . « Savoir, oser, vouloir, se taire, voilĂ les quatre verbes du mage […]. Vouloir, vouloir longtemps, vouloir toujours, mais ne jamais rien convoiter, tel est le secret de la force ; et c'est cet arcane magique que le Tasse met en action dans la personne des deux chevaliers qui viennent dĂ©livrer Renaud et dĂ©truire les enchantements d'Armide. […] Ce qui rendait Jeanne d'Arc toujours victorieuse, c'Ă©tait le prestige de sa foi. »
Frazer, ethnologue anglais, explique par les associations d'idĂ©es [33] . « Les hommes confondent l'ordre de leurs idĂ©es avec l'ordre de la nature, et, dès lors, imaginent que le contrĂ´le qu'ils exercent ou semblent exercer sur leurs pensĂ©es les autorise Ă pratiquer un contrĂ´le correspondant sur les choses. » Frazer distingue, dans son analyse de la magie, trois lois, qui marchent par associations (similitude, contiguĂŻtĂ©, contrariĂ©tĂ©). Première loi, la similitude, la sympathie par imitation : « Tout semblable appelle le semblable, ou un effet est similaire Ă sa cause » ; par exemple, la technique d'envoĂ»tement consiste Ă percer d'une aiguille une poupĂ©e imitant la personne que l'on veut blesser. Deuxième loi, la contiguĂŻtĂ©, la sympathie par contact, la contagion : « Les choses qui ont Ă©tĂ© une fois en contact continuent d'agir l'une sur l'autre, alors mĂŞme que ce contact a cessĂ© » ; par exemple, un magicien peut blesser une personne en piquant les empreintes de pas laissĂ©es par cette personne. Troisième loi : « le contraire agit sur le contraire » ; par exemple, pour contrecarrer une blessure on peut susciter son contraire sous forme d'une image de cicatrisation.
MikhaĂ«l AĂŻvanhov, un maĂ®tre spirituel bulgare, explique par l'aura [34] . « ĂŠtre un mage, c'est crĂ©er. Le mage vĂ©ritable est entourĂ© d'un cercle de lumière, son aura, ce halo de lumière invisible qui Ă©mane de lui et qu'il a formĂ© grâce Ă son travail spirituel et Ă la pratique des vertus. Pour crĂ©er, le mage utilise les mĂŞmes moyens que Dieu Lui-mĂŞme : il projette une image ou prononce un mot qui traverse son aura, et c'est l'aura qui fournit la matière pour la manifestation. » Il existe « trois grandes lois magiques : 1) la loi d'enregistrement, 2) la loi d'affinitĂ©, 3) la loi du choc en retour » [35] .
Alexandra David-Neel fournit un compte rendu des croyances mystiques tibĂ©taines, et son livre Magic and Mystery in Tibet considĂ©rĂ© comme une enquĂŞte ethnographique sur le paranormal. Dans la prĂ©face de l'Ă©dition 1965 du livre, David-Neel a attirĂ© l'attention sur les difficultĂ©s liĂ©es Ă la classification de phĂ©nomènes extraordinaires dans diffĂ©rents contextes culturels lorsqu'elle a Ă©crit que : « [...] les TibĂ©tains ne croient pas aux miracles, c'est-Ă -dire aux Ă©vĂ©nements surnaturels. Ils considèrent les faits extraordinaires qui nous Ă©tonnent comme le travail d'Ă©nergies naturelles qui entrent en action dans des circonstances exceptionnelles, ou par l'habiletĂ© de quelqu'un qui sait les libĂ©rer, ou, parfois, par l'intermĂ©diaire d'un individu qui, sans le savoir, contient en son sein. lui-mĂŞme les Ă©lĂ©ments susceptibles de dĂ©placer certains mĂ©canismes matĂ©riels ou mentaux qui produisent des phĂ©nomènes extraordinaires. » [4]
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Fonctionnement [modifier | modifier le code]
Chaque tradition ou culture possède ses propres définitions des catégories magiques.
Intention : magie noire, magie blanche [modifier | modifier le code]
DĂ©jĂ saint Augustin distingue dans la magie une forme « plus dĂ©testable », la goĂ©tie (sorcellerie), et une forme « plus honorable », la thĂ©urgie [36] . Depuis la fin du Moyen Ă‚ge, vers 1450 [37] , les savants posent la distinction entre deux sortes de pratiques, en fonction de leurs buts moraux : la magie noire («nigromancie ») et la magie blanche («mageia »). Auparavant on voyait dans chaque magie du mal et du bien. Les statuts de Narbonne (1638) exposent la sĂ©quence suivante, dĂ©croissante en valeur : magiciens, devins, enchanteurs, sorciers.
- La magie noire a des effets nĂ©gatifs du fait mĂŞme du magicien, de sa personne, et la sorcellerie a des buts consciemment malĂ©fiques et des moyens intentionnellement nĂ©gatifs (« diabolisme »). Les mages noirs et les sorciers passent pour ĂŞtre nĂ©fastes Ă la sociĂ©tĂ©, ils empoisonnent, ensorcellent, lancent des imprĂ©cations, invoquent des diables ou dĂ©mons [38] , utilisent des figurines d'envoĂ»tement, nouent l'aiguillette (ils provoquent l'impuissance sexuelle), provoquent des sĂ©cheresses ou des orages, etc. Également pour faire du mal Ă autrui, se venger, pour des sortilèges d'amour, pour atteindre l'immortalitĂ©, amĂ©liorer sa santĂ© ou communiquer avec les morts. En 1317, l'Ă©vĂŞque Hugues GĂ©raud de Cahors fut condamnĂ© au bĂ»cher car il avait essayĂ© de tuer le pape Jean XXII avec des images de cire. Dans la culture occidentale , la couleur noire est symbole de tĂ©nèbres, de morts, de tristesse, de vide et d'obscuritĂ©.
- La magie blanche, elle, concerne une utilisation de la magie Ă des fins altruistes, ou prĂ©ventives (« magie bleue »), avec des moyens presque toujours positifs, bĂ©nĂ©fiques. Elle guĂ©rit, protège, exorcise, renforce, rĂ©concilie… Elle invoque les « esprits bons », Dieu… et pas les mauvais dĂ©mons. Dans la culture occidentale, la couleur blanche symbolise la puretĂ©, l'innocence, la paix et la justice.
La distinction magie noire/magie blanche recoupe presque la distinction entre magie du mal et magie du bien, entre magie illicite (ars prohibita) et magie licite, mais aussi la distinction entre magie diabolique (qui repose sur l'aide de mauvais dĂ©mons) et magie naturelle (reposant sur un agencement adĂ©quat des causes physiques). J. Pic de la Mirandole dit sur cette dernière distinction : « Il y a une double magie. L'une relève tout entière de l'activitĂ© et de l'autoritĂ© des dĂ©mons […]. L'autre n'est rien d'autre que l'achèvement absolu de la philosophie de la nature (exacta et absoluta cognitio omnium rerum naturalium) » [39] .
Selon la Bible satanique, il n'existe pas deux formes de magies : la magie n'est pas manichéenne avec une bonne et l'autre non. Selon Anton Szandor LaVey il n'existe qu'une seule magie mais plusieurs manières de s'en servir : ainsi, certains s'en serviront pour punir et d'autres pour guérir.
- La magie rouge fait son apparition — du moins le terme — vers 1840 [40] . La plupart des dĂ©finitions de la magie rouge l'associent Ă la sexualitĂ©, Ă l'amour, Ă la sĂ©duction et au plaisir amoureux ou charnel.
- La magie verte ne concerne que l'ordre naturel végétal (voire animal, si les bêtes sont sauvages).
- La magie bleue désigne parfois toutes les magies de protection.
L'Église Catholique ne fait pas de distinction entre différentes magies, elles sont toutes associées aux démons plus ou moins explicitement.
Au Tibet, la religion Bön et ses adeptes Bön-po, étaient versés dans la magie noire et la magie blanche. La magie noire est un des thèmes du film Milarépa : La Voie du bonheur (Milarepa). Actuellement, les Bön-po ne pratiqueraient plus que la magie blanche.
Méthode : magie opératoire, magie naturelle [modifier | modifier le code]
Une deuxième opposition met face à face deux magies, l'une rituelle, l'autre physique : la magie opératoire et la magie naturelle. Agrippa insiste sur cette distinction [41] .
- La magie rituelle, au niveau le plus simple, est une magie opĂ©rative, c'est-Ă -dire faite d'actes rĂ©flĂ©chis et efficients. Il suffit d'Ă©mettre un son, de poser un objet près d'un autre… Il faut aussi quelques conditions, dont les plus importantes sont, dit-on, « le respect scrupuleux des règles » et « la force magnĂ©tique de l'opĂ©rateur », ainsi que le choix de l'heure propice, du lieu consacrĂ©, de l'objet appropriĂ©. Le rite du cercle magique est cĂ©lèbre [42] , [43] : Le magicien ou la magicienne, avec une Ă©pĂ©e ou une baguette, trace autour de lui un cercle, pour se protĂ©ger d'influences nĂ©gatives, Ă l'extĂ©rieur, et pour attirer Ă l'intĂ©rieur des puissances positives. Les rites magiques les plus courants sont, quant Ă la fonction, les rites de renforcement de puissance, de protection, de guĂ©rison, de divination, et pour la forme, les incantations, les gestes, les sacrifices… Les grimoires, la franc-maçonnerie occulte, les rosicruciens, la Golden Dawn proposent Ă leurs adeptes des rituels très complexes.
- La magie naturelle est presque une science ordinaire. Les faits existent depuis toujours. Anthème de Tralles, au VIe s., savait, techniquement, crĂ©er le tonnerre. La notion n'apparaĂ®t que vers 1230, grâce Ă Guillaume d'Auvergne [44] et Roger Bacon [45] et Ă d'autres auteurs. Della Porta, Ă la fois magicien et physicien, la dĂ©finit ainsi : « Naturelle…, cette magie, douĂ©e d'une plantureuse puissance, abonde en mystères cachĂ©s et donne la contemplation des choses qui gisent sans ĂŞtre apprĂ©hendĂ©es, et la qualitĂ©, propriĂ©tĂ© et connaissance de toute nature comme sommet de toute philosophie. » En d'autres termes, c'est de la science physique, mais elle porte sur des phĂ©nomènes mal connus ou elle crĂ©e des phĂ©nomènes qui semblent des miracles sans en ĂŞtre, par exemple les feux grĂ©geois, l'attraction du fer par l'aimant, les monstres, les illusions d'optique, la prestidigitation. L'antique Claude Élien a donnĂ© la clef : « La nature est, elle aussi, magicienne » [46] .
Usage [modifier | modifier le code]
Il existe différentes sortes de magie :
- Magie divinatoire. Magie et divination ont Ă©tĂ© confondues jusqu'au dĂ©but du XIIIe s., puis on les a distinguĂ©es, mais on peut les rĂ©unir, quand il s'agit d'interroger occultement le passĂ©, le futur, les secrets, les cachettes. Le cas le plus violent est la nĂ©cromancie, oĂą le magicien interroge un mort. Le cas le plus Ă©levĂ© est la thĂ©urgie, quand la magicienne interroge un dieu ou un ange ; John Dee, avec un mĂ©dium, a pratiquĂ© des « conversations angĂ©liques » (1581) : « Edward Kelly est un voyant de grande qualitĂ©. Il a invoquĂ© et parlĂ© avec Uriel, l'un des Sept Anges. Il prie d'abord avec moi le Seigneur, puis invoque le Bon Ange, Ă©coute ses paroles et rĂ©pond » [47] .
- Magie Ă©rotique, magie sexuelle ou magie rouge. Les moyens traditionnels sont bien connus, du moins en thĂ©orie. DĂ©jĂ Sophocle les cite : « Si, par des philtres et par des charmes qui touchent HĂ©raklès, je l'emporte sur la jeune fille, j'aurai conduit mon plan avec art » [48] .
- Magie verte, centrée sur l'utilisation des plantes, des animaux, des phénomènes et des cycles de la nature.
Supports extĂ©rieurs : plantes, astres, nombres, symboles… [modifier | modifier le code]
Un texte magique grec pointe dĂ©jĂ le sujet : « Ce sont dans les plantes, les formules et les pierres que rĂ©sident tout l'art et la faveur et le pouvoir magique de l'effet cherchĂ© » [49] . Marsile Ficin fait une liste des sept choses qui peuvent attirer les influences cĂ©lestes, d'après les planètes, en commençant par les supports extĂ©rieurs, physiques : Lune (pierres, mĂ©taux, etc.), Mercure (plantes, fruits, animaux), VĂ©nus (poudres, vapeurs, odeurs), Soleil (mots, chants, sons), Mars (Ă©motion, imagination), Jupiter (raison), enfin Saturne (contemplation intellectuelle, intuition divine) [50] . Il recommande « les Ă©motions, le chant, l'odeur et la lumière » pour capter les divinitĂ©s planĂ©taires.
- Choses magiques. Pour un mage comme Henri-Corneille Agrippa, le monde « Ă©lĂ©mental », celui des quatre ou cinq ÉlĂ©ments (Terre, Eau, Air, Feu, Éther), est infĂ©rieur, mais « il est gouvernĂ© par son supĂ©rieur et reçoit ses influences, en sorte que l'ArchĂ©type mĂŞme et le CrĂ©ateur souverain ouvrier nous communique les vertus de sa toute-puissance par les anges, les cieux, les Ă©toiles, les ÉlĂ©ments, les animaux, les plantes, les mĂ©taux et les pierres » [51] . La magie Ă©lĂ©mentaire porte sur les ÉlĂ©ments, la magie astrale sur les « esprits planĂ©taires » (ceux de VĂ©nus, Mars,etc.)… Les reliques de saints, depuis le VIe s. sont supposĂ©es avoir des dons miraculeux [52] , leurs tombes aussi [53] .
- Fumigations et parfums. L'encens, les odeurs, etc. attirent ou repoussent des forces naturelles ou des « esprits ». Selon le Picatrix (I, 2), « les fumigations donnent des forces et attirent les esprits vers les images », les images magiques.
- Nombres magiques. Depuis Pythagore, les magiciens distinguent des supports intelligibles (sons, formes, principes) et des supports sensibles (lettres de l'alphabet, figures géométriques, nombres) [54] , et ils croient savoir que les nombres sont des principes d'organisation, des forces. On trouve également des carrés magique ou des tables de lettres magiques, associées tantôt à des planètes tantôt à des forces terrestres (magie hénokéenne)
- Signes magiques. Pour le pseudo-Paracelse de l'Archidoxe magique, « Les caractères [Ă©critures et symboles occultes], les mots et les sceaux [images astrologiques] ont en eux-mĂŞmes une force secrète en rien contraire Ă la nature et n'ayant aucun lien avec la superstition » [55] .
Jean Pic de la Mirandole mentionne « les paroles et les mots », « les nombres », « les lettres », « les caractères, les figures », la musique [56] . Les magiciens puisent souvent dans des « images sacrĂ©es », des « images divines ». Il s'agit de symboles graphiques (comme le pentagramme), de « charactères » (lettres ou hiĂ©roglyphes, « sceaux planĂ©taires »), de symboles, de « carrĂ©s magiques », de talismans ou amulettes ; pour les magiciens, agir sur ces figurations de forces Ă©quivaut Ă agir sur les forces figurĂ©es elles-mĂŞmes. Le magicien mĂ©sopotamien ou Ă©gyptien, par exemple, fait couler de l'eau sur une statue couverte d'inscriptions magiques : l'eau entraĂ®ne les caractères, et sera utilisĂ©e, en boisson, comme mĂ©dicament ou potion. L'usage de figures, dessins est bien connu. Toute reprĂ©sentation d'un magicien le montre avec la figure d'un pentagramme ou d'un sceau de Salomon. Un sommet de la magie des images est « l'art notoire », dĂ©veloppĂ© aux XII e et XIII e siècles : le sujet, en gĂ©nĂ©ral un moine ignorant, « en jeĂ»ne et oraison », contemplait longuement des figures gĂ©omĂ©triques (« notes ») reprĂ©sentant une science, et il comptait ainsi pouvoir l'acquĂ©rir, par magie de contagion [57] .
Supports intérieurs : parole, geste, imagination, volonté [modifier | modifier le code]
Le magicien ou la magicienne peut puiser intérieurement une force magique de différentes manières :
- La parole magique est supposĂ©e ĂŞtre efficace Ă condition de connaĂ®tre l'intonation correcte et les mots magiques (voces magicae). La parole magique est, au choix, une prière, une incantation, une formule, des « mots barbares » [58] , un nom d'ange, une invocation, une onomatopĂ©e, une suite de voyelles… Les magiciens citent la parole biblique : « Que la Lumière soit », ou la formule de consĂ©cration romaine Si fas est (« si c'est permis », selon les lois divines ou par les lois naturelles).
- Le geste magique est un acte supposé efficace, en particulier le sacrifice. Le geste magique exige souvent des instruments. Les plus connus sont la baguette magique, le miroir magique, le caducée d'Hermès, l'étoile flamboyante. Il faut ajouter des objets plus courants, comme les cierges liturgiques, les coupes d'eau lustrale.
- L'imagination magique, par visualisations, symbolisations, rêves, fantasmes, poésie, est censée changer les choses. Le magicien n'invente pas une image, il trouve en esprit la vraie image des choses, par exemple pour l'homme celle d'un pentagramme, pour la planète Saturne celle d'un vieillard. Le rôle de l'imagination a été souligné par Marsile Ficin [59] , Paracelse.
- La volontĂ© magique est une force aussi rĂ©elle que la volontĂ© physique ou la vapeur. La magie, dit l'illuministe Jacob Böhme [60] , « n'est en soi rien qu'une volontĂ©, et cette volontĂ© est le grand mystère de toute merveille et de tout secret : elle s'opère par l'appĂ©tit du dĂ©sir de l'ĂŞtre. » La pensĂ©e unit telle chose Ă telle chose, selon sa volontĂ©.
Supports spirituels : angélologie, démonisme, chamanisme, théurgie [modifier | modifier le code]
Lorsque le magicien n'a pas assez de puissance ou si les objets magiques ne sont pas suffisamment puissants, il peut faire appel à des esprits pour l'aider dans sa tache, bénéfique ou malfaisante. Ainsi il peut invoquer les démons, les incubes et succubes (démons sexuels), les esprits de la nature, les âmes des morts, les fées, les anges ou même les dieux.
Les magiciens ont parfois recours Ă un assistant magique, appelĂ© « parèdre », qui est un dĂ©mon, un dieu, un gĂ©nie, un esprit, l'âme d'un mort. « On acquiert un dĂ©mon comme assistant : il te dira tout, il vivra, mangera et dormira avec toi » [61] .
- AngĂ©lologie. Certains magiciens disent agir grâce aux anges, dont ils connaissent les noms ou les « caractères » (glyphes, signes) qui les reprĂ©sentent ; ils sauraient les invoquer et leur ordonner. Un kabbaliste chrĂ©tien, Johannes Reuchlin [62] , parle des 72 anges qui « ont pouvoir sur la terre entière » et ont chacun un Nom secret correspondant Ă un pouvoir de Dieu (Schemhamphoras) ; il ajoute d'autres noms : Metraton (« prince de l'univers »), RaphaĂ«l (gouverneur du Ponant), etc. Ă€ noter une forme plus polĂ©mique d'angĂ©lologie / angĂ©ologie appelĂ©e « magie hĂ©nokĂ©enne » [63] dont les spĂ©cialistes ne savent pas bien comment elle fonctionne ni quoi en penser exactement ; apparue subitement au XVI e siècle en Angleterre, les manuscrits de ce système magique prĂ©tendent que la schemamphorash prĂ©cĂ©demment citĂ©e serait une version dĂ©gradĂ©e de cette magie dite « hĂ©nokĂ©enne ». Les esprits ayant donnĂ© la dictĂ©e des manuscrits se prĂ©sentent comme des Anges, et expliquent qu'il existe aussi des dĂ©mons dont ils donnent les noms et fonctions, ainsi que ceux de leurs opposants angĂ©liques.
- DĂ©monisme. Le recours aux esprits malfaisants (« magie dĂ©moniaque ») au moyen d'invocations (« goĂ©tie ») ou de rites (« basse magie ») existe et relève du satanisme ou de la magie noire. Mais toutes sortes d'« esprits » existent, pour un magicien, dans les eaux, au ciel, dans les organes, partout, on peut les Ă©voquer et obtenir un rĂ©sultat. « Un certain Harnouphis, mage Ă©gyptien de l'entourage de Marc Aurèle, appela des gĂ©nies par art magique, notamment Hermès AĂ©rios, et, par leur entremise, il provoqua, dit-on, la pluie » [64] . DĂ©jĂ Platon associe magie et dĂ©mons [65] . Saint Augustin ramène tous les supports Ă l'action des dĂ©mons : « Avec des herbes, des pierres, des animaux, des sons et des paroles dĂ©terminĂ©es, des reprĂ©sentations et des images, reflĂ©tant les mouvements des astres observĂ©s dans leur Ă©volution cĂ©leste, les hommes pouvaient fabriquer sur terre des pouvoirs capables de rĂ©aliser les diffĂ©rents mouvements des astres… Tout cela vient des dĂ©mons qui se jouent des âmes soumises Ă leur pouvoir » (CitĂ© de Dieu, X, 11).
- Nécromancie. Une classe de magie concerne la magie de la mort et des âmes des morts. Elle inclut, entre autres, les célèbres magies concernant les morts-vivants, les zombis, les fantômes.
- Médiumnisme. Le magicien peut passer par un médium à transe, un somnambule. Crowley est entré en haute magie en utilisant, au Caire, les dons de médium de sa première femme, Rose Kelly [66] .
- Chamanisme. Un ou une chamane peut entrer en communication avec les esprits-maĂ®tres des animaux, qui sont ses « auxiliaires » [67] . Le premier chamane occidental connu, AristĂ©as de Proconnèse (vers 600 av. J.-C.), Ă©tait supposĂ© « prendre la forme d'un corbeau » [68] ; la lĂ©gende en fait un mage capable de se trouver dans deux lieux distincts Ă la fois (bilocation), qui pouvait vivre sans manger (inĂ©die).
- ThĂ©urgie. On n'est pas si loin de l'angĂ©lologie pratique. « La thĂ©urgie est une forme de magie, celle qui permet de se mettre en rapport avec les puissances cĂ©lestes bĂ©nĂ©fiques pour les voir ou pour agir sur elles (par exemple en les contraignant Ă animer une statue, Ă habiter un ĂŞtre humain, Ă rĂ©vĂ©ler des mystères ») [69] . Le thĂ©urge invoque ou Ă©voque des « entitĂ©s supĂ©rieures », archanges, anges, gĂ©nies, esprits ou dieux (« haute magie »), et il s'Ă©lève Ă elles ou bien il les fait descendre vers lui (« tĂ©lestique »), soit par des moyens spirituels comme la mĂ©ditation soit par des moyens matĂ©riels comme les herbes, la musique, le rhombe. La thĂ©urgie Ă©tait prĂ©sente chez les nĂ©o-platoniciens comme Jamblique et chez les Élus CoĂ«ns (voir Martinisme).
La magie qui invoque des diables ou dĂ©mons malfaisants est appelĂ©e goĂ©tie, celle qui invoque des anges bienfaisants ou dieux est de la thĂ©urgie ; les deux forment la « magie cĂ©rĂ©monielle » [70] .
Souvent, tous les supports interviennent. Soit le « rituel d'appel de forces ». « Il faut d'abord se procurer une feuille de parchemin animal [symbole] sur laquelle on Ă©crira sa demande. Le rituel s'effectuera en lune ascendante [astre], soit dans l'oratoire, soit en plein air [condition de lieu], la nuit [condition de temps]. Sur l'autel sont disposĂ©s : le parchemin enveloppĂ© de soie, deux cierges liturgiques [ÉlĂ©ment Feu], de l'eau lustrale [ÉlĂ©ment Eau], un bol de terre ou un crâne [ÉlĂ©ment Terre], de l'encens dans un brĂ»le-parfum [ÉlĂ©ment Air]. On tracera [expression par geste] le cercle de protection. On prend son couteau rituĂ©lique Ă manche noir [instrument] et on dit [expression par parole] : IntroĂŻbo ad altare Demiurgi, puis on lit les psaumes 2, 6, 101, 129 et 142. On visualise [expression par imagination] alors sa demande : si on souhaite de l'argent, on voit des piles de beaux billets. On appelle le gĂ©nie que l'on a choisi [dĂ©monisme]. On attend jusqu'Ă ce que l'on sente la prĂ©sence de l'entitĂ© appelĂ©e [expression par volontĂ©], et, croyez-moi, on la sent. On lit Ă nouveau le texte du parchemin, puis on rĂ©cite la formule suivante : Demiurgus Caeli [71] … »
Théories sur la magie [modifier | modifier le code]
La magie selon les philosophes [modifier | modifier le code]
Plotin, dans son traitĂ© 28, explique la magie par les antipathies et sympathies (comme Bolos de Mendès), par l'Amour et la Haine cosmiques (comme EmpĂ©docle), par la sympathie cosmique (comme les stoĂŻciens), par les dĂ©mons (comme Pythagore et XĂ©nocrate) [72] . « Pour les actes de sorcellerie (goetĂ©ia), comment les expliquer ? par la sympathie, par le fait qu'il existe par nature une harmonie entre les semblables et une opposition entre les contraires, par la variĂ©tĂ© des nombreuses puissances qui se mettent en Ĺ“uvre pour rĂ©aliser l'unitĂ© de l'ĂŞtre vivant. D'ailleurs, sans que personne n'intervienne, beaucoup d'attractions et de sortilèges se produisent ; car la vraie magie c'est l'amour qu'il y a dans l'univers et inversement la haine. » « Ces sages antiques, qui cherchaient Ă s'assurer de la prĂ©sence des ĂŞtres divins en Ă©rigeant des sanctuaires et des statues (…) comprirent que cette Ă‚me [du monde], bien qu'elle soit partout prĂ©sente, peut ĂŞtre captĂ©e d'autant plus facilement qu'un rĂ©ceptacle adĂ©quat aura Ă©tĂ© prĂ©vu Ă cet effet, un lieu particulièrement appropriĂ© pour en recueillir quelque portion ou phase, quelque chose qui puisse la reproduire ou capter son image Ă la manière d'un miroir » [73] .
Les humanistes de la Renaissance, dont Marsile Ficin, Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, Pic de la Mirandole ont des connaissance livresques du sujet.
Marsile Ficin opère une rĂ©volution dans l'histoire de la magie en en donnant une version subjective, complètement spirituelle. Il limite le pouvoir de la magie au seul esprit du mage [74] . Comme les stoĂŻciens et Plotin, il pense qu'un Esprit cosmique (spiritus mundi), intermĂ©diaire entre l'Ă‚me du monde (Anima mundi) et le Corps du monde (Corpus mundi), de la nature de l'Ă©ther, qui « vivifie tout », qui est « la cause immĂ©diate de toute gĂ©nĂ©ration et de tout mouvement », traverse le Tout ; la mage peut attirer cet Esprit qui peut canaliser l'influence des astres, « attirer la vie cĂ©leste ».
- « L'opĂ©ration de la magie est l'attraction d'une chose par une autre en vertu d'une affinitĂ© naturelle… Ainsi l'aimant attire le fer… Les Ĺ“uvres de la magie sont donc des Ĺ“uvres de nature… Et la nature entière est appelĂ©e magicienne en vertu de cet amour rĂ©ciproque… Toute la puissance de la magie rĂ©side dans l'Amour et l'Ĺ“uvre de l'Amour s'accomplit par fascination, incantation et sortilège » [75] .
Selon Pic de la Mirandole, alors âgĂ© de 24 ans, « nulle science ne confirme davantage la divinitĂ© du Christ que la magie et la Cabbale ». Mais il fait l'effort de sĂ©parer la magie naturelle qui est en fait le mot traditionnel pour la science ou la philosophie, de la magie dĂ©moniaque qui est rigoureusement Ă condamner. « Je dis et je rĂ©pète que ce nom de « magie » est un terme Ă©quivoque et signifie aussi bien la nĂ©cromancie, oĂą l'on procède par pacte et accords Ă©troits avec les dĂ©mons, que la partie pratique de la science de la nature, qui n'enseigne rien d'autre qu'Ă accomplir des Ĺ“uvres merveilleuses grâce aux forces naturelles » [76] . Dans ce sens lĂ et sous cette restriction fondamentale « Faire de la magie n'est autre que marier le monde ». Pour lui la connaissance n'est pas que spĂ©culative : elle conduit Ă l'action sur le monde. Il croit en quelques principes : l'animisme (tout est vivant et providentiel), la latence (le magicien peut « actualiser ou rĂ©unir » Ă une autre toute force cachĂ©e), Dieu (toute Ĺ“uvre doit ĂŞtre rapportĂ©e au CrĂ©ateur), les analogies. Pour Pic, la magie consiste Ă s'appuyer sur l'astrologie pour lire le Livre de la nature et sur la kabbale pour interprĂ©ter la Bible.
Pour Agrippa, les plantes, les planètes ont chacun une âme rationnelle. Les influences vont du supérieur à l'inférieur, verticalement, comme chez Platon : Dieu, Idées, Âme du monde, Figures et Nombres, rayons des étoiles, esprits et âmes humaines, choses matérielles [77] .
La magie selon les anthropologues [modifier | modifier le code]
- Les approches évolutionnistes et positivistes
Depuis la fin du XIX e siècle, la magie est pensĂ©e par des spĂ©cialistes de sciences humaines [78] . Edward Burnett Tylor fait une diffĂ©rence radicale entre magie et approche. La magie repose sur « l'erreur consistant Ă prendre une analogie idĂ©ale pour une connexion rĂ©elle » [79] , par exemple le raisonnement du magicien infère du fait que le coq chante quand le Soleil se lève l'idĂ©e que si l'on fait chanter le coq le Soleil se lèvera. En tout cas, la magie donne une explication du monde. Dans son ouvrage Le Rameau d'or [80] , James George Frazer thĂ©orise l'hypothĂ©tique passage de l'humanitĂ© par trois stades intellectuels : magie, religion, science, et par lĂ s'approprie la simplification « progrès = rationalisation ». Frazer distingue ces trois Ă©tapes et mentalitĂ©s selon l'intention, la rationalitĂ© et l'autonomie de l'agent. La magie est le stade le plus ancien et bas. Magie et science veulent ensemble l'autonomie de l'agent et changer le monde, mais la magie, Ă la diffĂ©rence de la science, n'est pas rationnelle, elle a des principes tout autres. Magie et religion admettent ensemble l'existence de puissances surnaturelles, mais la magie a un but pratique et veut forcer les puissances surnaturelles, alors que la religion n'a pas de but pratique et cherche Ă se concilier les puissances surnaturelles (Dieu, anges, dĂ©mons…).
- Les approches sociologiques
Pour Hubert et Mauss [81] , la religion a pour extrĂŞme le sacrifice, tandis que la magie a pour extrĂŞme le malĂ©fice ; la religion recherche le grand jour et le public, tandis que la magie les fuit ; la religion se montre comme un « culte organisĂ© », tandis que la magie se montre souvent sous un aspect « irrĂ©gulier, anormal, et peu estimable ». Le magicien a une position sociale, on lui attribue des pouvoirs spĂ©ciaux, « c'est donc l'opinion qui crĂ©e le magicien et les influences qu'il dĂ©gage ». « Et le magicien se dupe lui-mĂŞme. » Dans Les formes Ă©lĂ©mentaires de la religion, Émile Durkheim [82] sĂ©pare magie et religion : individualiste et anti-sociale, la magie ne se prĂŞte pas Ă des manifestations collectives, et elle est viscĂ©ralement anti-religieuse. Mauss, ensuite, centre son approche sur la notion de mana. « Le mana est d'abord l'action spirituelle Ă distance qui se produit entre des ĂŞtres sympathiques. C'est Ă©galement une sorte d'Ă©ther, impondĂ©rable, communicable, et qui se rĂ©pand de lui-mĂŞme. Le mana, en outre, fonctionne dans un milieu qui est mana ».
Pour Lucien LĂ©vy-Bruhl, la magie relève d'une mentalitĂ© prĂ©logique, car elle ignore les principes de non-contradiction et d'identitĂ© ; elle se centre sur la notion de participation mystique, qui veut que « les objets, ĂŞtres, phĂ©nomènes peuvent ĂŞtre Ă la fois eux-mĂŞmes et autre chose qu'eux-mĂŞmes », par exemple un primitif pense ĂŞtre lui-mĂŞme et son totem.
- Les approches fonctionnalistes
Pour Bronisław Malinowski [83] , la magie est pragmatique, elle répond à des buts précis, surtout en cas de malheur et d'échec, et elle est individuelle. On recherche son efficacité et on trouve ses fins par les rites. La religion est plus abstraite, désintéressée que la magie, la magie intervient où la technique échoue. Magie comme religion ont pour dénominateur commun leur fonction apaisante pendant des périodes de troubles ou de doutes psychologiques ; cependant, si les progrès de la science vont réduire la magie, la religion continuera à rassurer.
- Les approches structuralistes
Pour Claude Lévi-Strauss [84] , la magie n'est pas une fausse science (comme le dit Frazer), une pensée prélogique (comme le soutient Lévy-Bruhl), mais une autre rationalité, une façon de donner du sens. Elle met en place un système de classification.
La magie peut-elle ĂŞtre efficace ? [modifier | modifier le code]
Approche parapsychologique [modifier | modifier le code]
Certains « pouvoirs magiques » sont examinĂ©s par des parapsychologues, mais ils ne sont guère reproductibles, et on peut les interprĂ©ter diffĂ©remment. Toujours est-il que la psychokinèse, l'influence Ă distance du magnĂ©tiseur, les guĂ©risons paranormales, l'efficacitĂ© thĂ©rapeutique de la prière n'ont jamais Ă©tĂ© scientifiquement prouvĂ©es.
Compréhension épistémologique [modifier | modifier le code]
D'un point de vue épistémologique, la magie n'est jamais vérifiable et elle trouve toujours une justification. Si le rite échoue, le magicien dira que les conditions n'étaient pas remplies.
Vision sociologique [modifier | modifier le code]
Le sociologue Mauss [85] croit en une « suggestion collective ». La sociĂ©tĂ© a une influence sur l'individu. La sociĂ©tĂ© ou un groupe croit en la magie, et l'effet se produit, par insinuation. Par exemple, une hantise de la mort, d'origine purement sociale, peut entraĂ®ner la mort. Certains aborigènes d'Australie pratiquent le sort de « l'os pointĂ© », qui consiste Ă viser celui qui doit mourir avec un os d'une longueur de 15-22cm, d'origine humaine ou animale [86] .
La magie dans le christianisme [modifier | modifier le code]
L'Ancien Testament rejette les pratiques magiques : « Tu ne laisseras pas vivre la sorcière » (Exode, XXII, 18). « Vous donc, n'Ă©coutez ni vos prophètes, ni vos devins, ni vos songes, ni vos augures, ni vos magiciens » (JĂ©rĂ©mie, XXVII, 9). La magie est assimilĂ©e aux sacrifices d'enfants par le feu, Ă la sorcellerie, Ă la nĂ©cromancie, et attribuĂ©e aux Ă©trangers, Égyptiens, MĂ©sopotamiens, Perses, CananĂ©ens.
Dans le christianisme, la magie a mauvaise réputation. Les gouvernements, de 311 à 361, ont prohibé la magie, l'haruspicine (l'interrogation des entrailles des victimes sacrificielles en vue de la divination), les cultes syriens. Constantin, en 321, punit la simple connaissance de la magie, même sans pratique. Saint Justin (Dialogue contre Tryphon), Ambroise, saint Augustin (De la doctrine chrétienne), les théologiens condamnent, en ne distinguant pas la magie des autres sciences occultes et en y voyant un culte des démons ou une hérésie. L'Église aussi se montre sévère. Le Décret de Gratien, rédigé aux alentours de 1140 et qui rassemble plus de 3800 textes, contient quantité de condamnations.
Selon l'Apocalypse les magiciens sont excommuniés de facto ; ils n'ont pas accès à la vie éternelle, et vont directement en enfer.
La magie dans le satanisme [modifier | modifier le code]
La magie noire est couramment utilisée dans le satanisme. Elle puise dans les émotions pour gagner en énergie et être employée de différentes manières. Le plus souvent par le biais de rituels considérés comme maléfiques. Pour effectuer ces rituels, les adeptes du satanisme utilisent cinq ingrédients :
- Le dĂ©sir : aussi appelĂ© « le vouloir », c'est-Ă -dire la volontĂ© de rĂ©ussir le rituel ;
- La pĂ©riode : la « rĂ©ceptivitĂ© » de la cible et la configuration astrale ;
- L'imagerie : pour la visualisation, requiert deux éléments : biologique (cheveux, ongles, etc.) et émotionnel (photo, parfum, etc.) ;
- La direction : accumulation des forces nécessaires vers le rituel ;
- Le facteur de balance : l'évaluation des possibilités en fonction des moyens.
D'autres types de magies noires existent, ils sont souvent issus d'un rituel, les messes noires, les envoûtements, le spiritisme, ou encore l'invocation de démons comme l'incube et le succube [87] .
Il existe aussi une magie utilisée contre le satanisme : l'exorcisme. Cela consiste à extraire un démon d'un corps humain, après qu'il en a pris la possession.
Histoire de la magie occidentale [modifier | modifier le code]
« La magie est de tous les temps. Depuis le dĂ©but de l'humanitĂ©, elle suit les pas des hommes sur tous les continents. A l'ombre des religions, en leur sein parfois, plus souvent en vive concurrence avec elles, elle transporte une part du sacrĂ©, du transcendant, de ce qui dĂ©passe l'ĂŞtre mortel, pour lui parler du surnaturel et pour lui laisser la certitude, l'espoir ou l'illusion de pouvoir agir efficacement sur le monde invisible » [88] .
Préhistoire et Antiquité [modifier | modifier le code]
- Les chasseurs-cueilleurs actuels ont de nombreux rites liĂ©s aux phĂ©nomènes de la nature (changements saisonniers) et de manière gĂ©nĂ©rale Ă tout ce qui leur est inexpliquĂ©. Ceci est liĂ© Ă l'irruption de la pensĂ©e magique et Ă l'animisme qui affirme que tout objet a une âme. Il est donc assez naturel, par extrapolation, de considĂ©rer que la magie est venue très tĂ´t, en Occident, avec les NĂ©anderthaliens et mĂŞme Homo erectus. Celui-ci a dĂ©couvert le feu vers 750 000 ans et a envahi toute l'Afrique et l'Eurasie, il est assez raisonnable de penser que divers rituels l'accompagnaient. Les cavernes ornĂ©es de reprĂ©sentations d'animaux sont interprĂ©tĂ©s comme support de rituels magiques car c'Ă©tait une nĂ©cessitĂ© d'assurer un nombre important de prises. L'utilisation de l'ocre rouge (280 000 ans) pour les armes, pour les peintures, pour les sĂ©pultures est aussi un indice. Il est possible que certains personnages peints de 33 000 Ă 10 000 ans av. J.-C. soient des « sorciers » ou « chamanes » [89] .
- Les fouilles archéologiques ont permis de retrouver dans les grottes de toute l'Europe des statuettes analogues de formes féminines très stylisées, parfois avec un phallus à la place de la tête [90] .
La magie occidentale s'est inspirĂ©e d'autres cultures. Les Grecs en Ă©taient conscients, en particulier quand ils disaient qu'Apollonios de Tyane avait « rendu visite aux Mages de Babylone, aux Brahmanes des Indes et aux Gymnosophistes d'Égypte » [91] .
- La magie grecque commence peut-ĂŞtre en Crète avec les Dactyles (mĂ©tallurges), les Courètes (danseurs) (vers 2500 av. J.-C. ?). On connaĂ®t des chamans grecs dès 600 av. J.-C. [92] . Les principaux documents sur la magie antique consistent en papyrus magiques, en tablettes de malĂ©diction et en amulettes. Les esprits ont Ă©tĂ© marquĂ©s par ce passage du Corpus Hermeticum, traitĂ© XIX : AsclĂ©pius (Ier s.) : « Ce sont des statues pourvues d'une âme, conscientes, pleines de souffle vital, et qui accomplissent une infinitĂ© de merveilles, des statues qui connaissent l'avenir et le prĂ©disent par les sorts, l'inspiration prophĂ©tique, les songes et bien d'autres mĂ©thodes, qui envoient aux hommes les maladies et qui les guĂ©rissent, qui donnent, selon nos mĂ©rites, la douleur et la joie ». HĂ©rodote condamne les mages, considĂ©rant que ces conseillers de palais sont des intrigants et qu'ils se trompent dans leurs interprĂ©tations [93] .
- La magie est contrôlée politiquement, elle menace l'autorité. À Rome, la Loi des douze tables (450 av. J.-C.) sanctionne quantité d'opérations magiques, en particulier contre les terres d'autrui. L'empereur romain Constant Ier , en 341, interdit la magie, sous peine capitale. L'Église s'inquiète plutôt de paganisme, hérésie, concurrence à la création divine : le concile de Laodicée (Laodicæa ad Lycum), vers 364, dans son 36e canon, interdit aux prêtres de s'occuper de magie et de sorcellerie. L'Église distingue les arts magiques et la magie lors du concile d'Ancyre, en 314. Le Code de Théodose interdit la divination et la magie en 439 [94] .
Moyen Âge et Renaissance [modifier | modifier le code]
- Au Moyen Âge vint cette définition confuse du magicien par Isidore de Séville vers 630 :
« Les magiciens (magi) sont ceux qu'on dĂ©signe vulgairement sous le nom de « malfaisants » (malefici) Ă cause de l'ampleur de leurs mĂ©faits. Ils perturbent les Ă©lĂ©ments, troublent l'esprit des hommes, et, sans absorption d'aucune potion, seulement par la violence de leurs incantations, ils tuent. Ils osent tourmenter grâce aux dĂ©mons qu'ils ont invoquĂ©s, pour que n'importe qui anĂ©antisse ses ennemis par ces arts mauvais. Ils utilisent mĂŞme du sang et des victimes et touchent souvent au corps des morts [95] . »
Le 4e concile de Tolède, présidé par Isidore de Séville en 633, distingue quand même les magiciens des devins (aruspices, arioli, augures, sortilegi) [96] . Il faudra attendre le XVI e siècle pour séparer la magie non seulement des autres arts occultes (comme la divination), mais encore de la sorcellerie, de l'hérésie, du paganisme, de la nécromancie.
La confusion des mots s'accompagne d'une terrible rĂ©pression, de censure, d'Inquisition. En 343-381, le synode de LaodicĂ©e exige que « les membres du haut clergĂ© et du bas clergĂ© ne soient pas des magiciens, des enchanteurs ou des faiseurs d'horoscopes ou des astrologues et qu'ils ne fabriquent pas ce que l'on appelle des amulettes, qui sont des entraves Ă leur propre âme » [97] . Dès 438, le code thĂ©odosien interdit magie, divination. En 506, le concile d'Agde condamne les enchanteurs (les magiciens), mais il distingue la magie de la religion et il Ă©numère ce qui relève de la magie : les incantations, les phylactères, les malĂ©fices, les prodiges [98] . Le concile de Rome, en 721, interdit les incantations (incantationes).
La notion de magie, isolée, distincte du paganisme ou de la sorcellerie, n'apparaît qu'au début du XIII e siècle En 1277, l'évêque Tempier condamne les traités de géomancie, de nécromancie, les recueils de sortilèges et d'invocations de démons [99] . Giovanni Balbi (Jean de Gênes) distingue le prestigium (prestidigitation), qui relève de l'illusion des sens, et le maleficium, qui implique une soumission des démons au pouvoir des magiciens (Catholicon, 1286).
Le rôle des traducteurs est important. Le roi de Castille et de Leon, Alphonse X le Sage, fait traduire en latin le Sefer Raziel, traité kabbalistique en hébreu, puis en 1256 le Picatrix, traité en arabe.
Les textes importants au Moyen Ă‚ge sont Le secret des secrets du pseudo-Aristote * , le Picatrix [3] de l'Arabe pseudo-al-MajrĂ®tĂ®, le Des rayons des Ă©toiles de l'Arabe al-KindĂ®, Le Grand Albert (1245 ss.), le Livre des visions de Jean de Morigny (1323), La magie sacrĂ©e d'Abramelin de Mage (1450 ? ou faux du XVIIIe s. ?). On parle surtout de vertus occultes, d'esprits, de talismans, d'astrologie. Ă€ partir de 1250 des livres de « magie salomonienne » circulent, dont la Clavicula Salomonis (Petite clĂ© de Salomon, XV e siècle) [4], et le Lemegeton (plus tardif, XVI e siècle). Ils traitent de figures magiques, de noms d'esprits, anges ou dĂ©mons Ă invoquer pour obtenir ce que l'on dĂ©sire. Le Livre de l'ange Raziel fait le lien entre magie et kabbale car il recueille des fragments d'ÉlĂ©azar de Worms avec divers tableaux et images. Kabbalistiques.[5]
Hugues de Saint-Victor, dans son Didascalicon (vers 1135) distingue cinq types de magie : la mantique (divination), la mathématique, les maléfices, les sortilèges, les prestiges.
- La Renaissance, en Ă©tudiant les textes, en dĂ©veloppant le libre examen, met de la clartĂ© et de l'intelligence, mĂŞme si alors le mot « magie » dĂ©signe la philosophie occulte, l'Ă©sotĂ©risme. Selon Robert-LĂ©on Wagner, « l'Ă©laboration intellectuelle du concept de magie n'est pas antĂ©rieure au XVI e siècle » [100] . De grands esprits expliquent : Marsile Ficin, Jean Pic de la Mirandole en 1496, Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim en 1510, Paracelse en 1537, Nostradamus, Giordano Bruno, Thomas Campanella. L'influence de la kabbale se fait sentir. Les notions de microcosme, de signature, de magie naturelle, d'analogies s'imposent. En 1575, Camerarius divise la magie en incantations, prestiges et Ă©vocation des morts [101] .
XVII e et XVIII e siècles [modifier | modifier le code]
- Le XVIIe ne confond plus astronomie et astrologie, physique et magie naturelle, théologie et théosophie. On rationalise la magie, avec Robert Fludd, Athanase Kircher. En France, par édit royal de 1682, sous Louis XIV, la notion de sorcier ou magicien est supprimée : désormais l'État ne reconnaît plus que des charlatans, des imposteurs, ou des imaginatifs, des fous. Il faudra attendre 1735 en Angleterre (Witchcraft Act).
- Le XVIIIe s. parisien voit dĂ©filer de hautes figures de la magie, comme le comte de Saint-Germain en 1763, Franz Anton Mesmer en 1778, Cagliostro en 1785, tous contestĂ©s. Plus discrets, d'autres pratiquent la thĂ©urgie, dont les martinistes (J. Martines de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin). Des grimoires, nettement satanistes, circulent, par exemple Le grimoire d'Honorius III (vers 1670) «http://library.syncleus.com/Magick/GRIMIOIREOFHONURIUS.PDF »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) , Le grand grimoire, ou Dragon rouge (1750 ?).
XIX e et XX e siècles [modifier | modifier le code]
Une contribution très organisĂ©e et pensĂ©e Ă la magie vient d'une organisation initiatique, fondĂ©e en 1888 par deux Anglais : la Golden Dawn. Elle a Ă©laborĂ© de rituels, des symboles magiques de toutes sortes et attirĂ© dans ses rangs de grands mages et magiciens, dont Samuel MacGregor Mathers, Arthur Edward Waite, Aleister Crowley, Israel Regardie. Crowley est «the most controversial and misunderstood personality to figure in the new era of modern day witchcraft (La personnalitĂ© la plus controversĂ©e et la plus incomprise Ă figurer dans la nouvelle ère de la sorcellerie moderne) ».
Deux mouvements émergent au XIX e siècle : la Société théosophique de Helena Blavatsky et le néo-occultisme d'Éliphas Lévi et Papus. Les théosophistes utilisent des notions orientales, les néo-occultistes veulent concilier la magie avec la science.
Franz Bardon est un grand nom de la magie du XX e siècle, style occultiste.
Membre de plusieurs organisations initiatiques, Gerald Gardner a fondé en 1939 une tradition de sorciers et sorcières qui devint la Wicca ; en Angleterre, la peine capitale infligée aux sorcières a été abolie deux fois (Witchcraft Act de 1735 et 1951). L'accent est mis sur la magie, une magie païenne, sous l'influence d'un livre de Margaret Murray consacré au sorcières [102] , [103] .
La « magie du chaos », inspirĂ©e par les idĂ©es d'Austin O. Spare et l'Ă©thique punk du Do it yourself, est une forme post-moderne et pragmatique de magie apparue Ă Londres au cours des annĂ©es 1980.
Le New Age, nĂ© en 1970 aux États-Unis, sans ĂŞtre magique, baigne dans une atmosphère magique. L'une des grandes idĂ©es du New Age est que l'on peut crĂ©er sa propre rĂ©alitĂ© grâce Ă des visualisations ou Ă des affirmations telles que « Je suis Dieu » [104] . La magie consiste Ă participer mystiquement Ă l'enchantement du monde et Ă augmenter spirituellement son pouvoir d'enchantement.
Bibliographie [modifier | modifier le code]
Traités de magie [modifier | modifier le code]
- Papyri Graecae Magicae (PGM, recueil des textes magiques grecs, du IVe s. av. J.-C. jusqu'au IVe s., trad. : Michaël Martin, Les papyrus grecs magiques, Éditions Manuscrit-Université, Histoire, 2002, 284 p.
- Grand papyrus magique no 754 de la Bibliothèque nationale de Paris (PGM IV.297-408) (IVe s.), trad. du grec : Manuel de magie égyptienne, Paris, Les Belles Lettres, Aux sources de la tradition, 1995, 165 p. En fait partie la Liturgie mithriaque ou Rituel mithraïque [6]
- pseudo-al-Majrîtî (Picatrix), Le but des sages dans la magie (Ghâyat al-hakîm fi'l-sihr) (Picatrix) (vers 1050), trad. de la version latine (1256) : Le Picatrix, Turnhout (Belgique), Brepols, Miroir du Moyen Âge, 2003, 383 p. Extraits en ligne : [7]
- Le grand et le petit Albert (vers 1245-1703 pour le Grand Albert, avec des extraits, effectivement, d'Albert le Grand), trad. du latin, Trajectoire, 1999, 391 p. Extraits en ligne du Grand Albert : [8]. Petit Albert : [9]
- Marsile Ficin, Les trois livres de la vie (1489), trad. du latin, Fayard, Corpus des œuvres de philosophie, 2000, 276 p.
- Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, La philosophie occulte ou la Magie (1510, 1re éd. 1531-1533), livre I, 218 p. : La magie naturelle, livre II, 228 p. : La magie céleste, livre III, 248 p. : La magie cérémonielle, trad. du latin Jean Servier, Paris, Berg International, 1982. Le livre IV est apocryphe et démoniaque : La philosophie occulte, livre quatrième. Les cérémonies magiques (1559), Paris, Éditions traditionnelles, 2000, 80 p.
- Paracelse, De la magie. Étude et textes choisis par Lucien Braun, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 1998, 147 p.
- Éliphas Lévi, Dogme et Rituel de la haute magie (1854-1861), Histoire de la magie (1859), La clef des grands mystères (1859) : Secrets de la magie, Paris, Robert Laffont, Bouquins, 2000, 1066 p. En ligne : [10]
- Papus, Traité méthodique de magie pratique (posthume, 1924), Saint-Jean-de-Braye, Dangles, 1999, 648 p. En ligne : [11]
- Philippe Pissier, Magick, partie I &II (traduction d'Aleister Crowley), éditions Blockhaus
- Philippe Pissier, EQUINOXE, revue, deux livraisons Ă l'heure actuelle, remplies de traductions de textes de Crowley.
- Franz Bardon, Le chemin de la véritable initiation magique (1956) en ligne [12], La pratique de la magie évocatoire (1956), La clé de la véritable Kabbale (1957), trad. de l'all., Courbevoie, Éditions Alexandre Moryason, 2001
- Jean-Pascal Ruggiu, Rituels magiques Golden Dawn, tome 1
- Alexandre Moryason, La lumière sur le royaume ou Pratique de la magie sacrée au quotidien, tome 1 (Moryason, en tant qu'éditeur, a permis que Franz Bardon soit publié en France)
Grimoires de magie [modifier | modifier le code]
voir Ă grimoire
Études sur la magie [modifier | modifier le code]
(par ordre chronologique)
- Jules Garinet, Histoire de la magie en France, (1818).
- Pierre Christian, Histoire de la magie (1870), 666 p.
- Edward B. Tylor, La civilisation primitive (1871), trad. de l'an., Paris, Reinwald, 1876, 2t.
- Daremberg et Saglio, Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, 1877-1919, article "Magia" Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio
- Marcel Mauss, Esquisse d'une théorie générale de la magie (1902-1903, 1re éd. 1950), in Sociologie et Anthropologie (1902-1934, 1re éd. 1950), Paris, PUF, 2004, p. 1-141
- James George Frazer, Le Rameau d'or (1911-1915), trad. de l'an., Paris, Robert Laffont, "Bouquins", 1981, vol. I : Le roi magicien dans la société primitive (1890). Texte en ligne (en anglais) : Frazer, Sir James George. 1922. The Golden Bough
- Lynn Thorndike, A History of Magic and Experimental Science during the first thirteen centuries of our era (1923-1934), New York, Columbia University Press, 1984, 8 vol. . T 1 : 835 p. ; t. II : 1036 p. ; t. III : 827 p. ; t. IV : 767 p. ; t. V : 695 p. ; t. VI : 766 p. ; t. VII : 695 p. ; t. VIII : 808 p.
- Kurt Seligmann, Le miroir de la magie (1948, The history of magic), trad., Le Club du meilleur livre, 1956.
- Mircea Eliade, Le Chamanisme et les Techniques archaĂŻques de l'extase, 1951
- Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale (1958), chap. IX : "Le sorcier et sa magie", chap. X : "L'efficacité symbolique", Paris, Pocket, "L'agora", 2003, 480 p.
- François Ribadeau-Dumas, Histoire de la magie (1960 ?), Paris, Pierre Belfond, "Sciences secrètes", 1973, 621 p.
- Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, 1962
- Jeanne Favret-Saada, Les mots, la mort, les sorts. La sorcellerie dans le bocage (1977), Paris, Gallimard, "Folio", 1985, 427 p. (ISBN978-2070322817)
- Régis Boyer, Le monde du double. La magie chez les anciens Scandinaves, Paris, Berg International, 1986, 219 p.
- Richard Kieckhefer, Magic in the Middle Ages, Cambridge University Press, 1989
- H. Maguire (éd.), Byzantine Magic, Cambridge (Mass.), 1995.
- Alain Moreau et Jean-Claude Turpin, La Magie, Montpellier, Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, t. 1 : Du monde babylonien au monde hellénistique, 330 p., t. 2 : 2. La magie dans l'Antiquité grecque tardive. Les mythes, 340 p., t. 3. Du monde latin au monde contemporain. 362 p., t. 4 : Bibliographie. 169 p.
- Jean Servier, La magie, Paris, PUF, "Que sais-je ?", 1993, 127 p.
- M. W. Dickie, Magic and Magicians in the Greco-Roman World, Londres et New York, Routledge, 2001, 380 p.
- Claude Lecouteux, Le livre des grimoires (2002), Imago, 2008, 320 p.
- Leo Ruickbie, Witchcraft Out of the Shadows, Robert Hale, 2004, p. 193-209 (sur la magie dans le néo-paganisme de la Wicca).
- Jean-Michel Salmann (dir.), Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, Paris, Le livre de poche, "Pochothèque", 2006, 935 p.
- Pierre A. Riffard, Nouveau dictionnaire de l'ésotérisme, Paris, Payot, 2008, 331 p.
RĂ©fĂ©rences : films, jeux… [modifier | modifier le code]
« On ne peut Ă©voquer la sorcellerie de ces siècles sans parler de l'Ă©norme succès littĂ©raire et artistique que rencontre auprès de tous les publics ce thème toujours rĂ©interrogĂ© par l'imaginaire des romanciers, des musiciens, des peintres, voire des historiens et des juristes, sans parler des contes de fĂ©es. » [105] Ainsi, aujourd'hui dans la culture populaire, on trouve tout un monde fantastique liĂ© Ă la magie, tel que des sĂ©ries, des films, des livres, des Ă©missions, des jeux et des spectacles. On trouve ainsi un grand rĂ©pertoire de rĂ©fĂ©rences culturelles qui reprennent le thème de la magie et le rĂ©inventent constamment.
Films et séries télévisées [modifier | modifier le code]
(par ordre chronologique)
- Ma sorcière bien-aimée, série, 1964-1972, États-Unis
- Le Moine et la sorcière, film, 1987, France, Suzanne Schiffman
- Les Sorcières d'Eastwick, film, 1987, États-Unis, George Miller
- Ma belle-mère est une sorcière, film, 1988, États-Unis, Larry Cohen
- Hocus Pocus, film, 1993, États-Unis, Kenny Ortega
- Charmed, série, 1998-2006, États-Unis
- Angel, série, 1999-2004, États-Unis
- Harry Potter, série de films mondialement connue, 2001, États-Unis/Royaume-Uni, David Heyman
- Le Seigneur des anneaux, série de films mondialement connue, 2001-2003, États-Unis/Nouvelle-Zélande, Peter Jackson
- Buffy contre les vampires, série, 1996-2003, États-Unis
- Hex : La Malédiction, 2004-2005, Royaume-Uni
- Winx Club, 2004 - en cours, Italie
- Supernatural, série, 2005, États-Unis
- Le Monde de Narnia, série de films, 2005-2010, États-Unis
- W.I.T.C.H., dessin animé
- Fairy Tail, anime adapté d'un manga de Hiro Mashima
- L'Illusionniste, film, 2006, États-Unis, Neil Burger
- Le Prestige, film, 2006, États-Unis, Christopher Nolan
- Eragon, film
- Sabrina, l'apprentie sorcière, série
- Magie Noire
- Les Sorciers de Waverly Place, série
- Magic (série télévisée d'animation)
- Merlin, série, 2008, Royaume-Uni
- Vampire Diaries, série, 2009 - en cours, États-Unis
- Percy Jackson, série de films, 2010-2013, États-Unis
- The Secret Circle, série
- Once Upon a Time, série
- Magical Doremi, anime
- Sortilège, film, 2011, États-Unis, Daniel Barnz
- Game of Thrones, série, 2011, États-Unis
- American Horror Story: Coven, série
- Sublimes Créatures, film, 2013, États-Unis, Richard LaGravenese
- Insaisissables, film, 2013, États-Unis/France, Louis Leterrier
- The Originals, série, 2013 - en cours, États-Unis (spin-off de Vampire Diaries)
- Les Sorcières de Zugarramurdi, film, 2013, Espagne/France
- Maléfique, film, 2014, États-Unis
- Salem, série, 2014, États-Unis
- Reign : Le Destin d'une reine, série, 2014-2017, États-Unis
- The Magicians, série, 2015 - en cours, États-Unis
- Insaisissables 2, film, 2016, États-Unis
- La Belle et la Bête, film, 2017, États-Unis
- The Order (série télévisée), série 2018 - 2020 en cours, États-Unis, France
Littérature [modifier | modifier le code]
(par ordre chronologique)
- Le Monde de Narnia, C. S. Lewis, Royaume-Uni, 1950-1956
- Le Seigneur des anneaux, série de romans mondialement connue, J. R. R. Tolkien, Royaume-Uni, 1954-1955
- Journal d'un vampire (The Vampire Diaries), L. J. Smith, États-Unis, 1991-1992 et 2009-2014
- Le Trône de fer, série de romans, George R. R. Martin, États-Unis, 1996-2011
- Harry Potter, série de romans mondialement connue, J. K. Rowling, Royaume-Uni, 1997-2007
- Les Animaux fantastiques, J. K. Rowling, Royaume-Uni, 2001
- Les Chevaliers d'Émeraude, série de romans, Anne Robillard, Canada, 2003-2008
- L'Héritage, Christopher Paolini, États-Unis, 2003-2011
- Fables, série de bandes dessinées écrites par Bill Willingham et dessinées par Mark Buckingham, Lan Medina, Steve Leialoha, et Craig Hamilton, 2003-2015
- Percy Jackson, série de romans, Rick Riordan, États-Unis, 2005-2010
- Winx Club, série de livres jeunesses, Sophie Marvaud, Hachette Jeunesse, 2005-2016
- 16 lunes, série de livres (17 lunes, 18 lunes, 19 lunes), Kami Garcia et Margaret Stohl, États-Unis, 2009-2012
- Les Secrets de l'immortel Nicolas Flamel, série de romans jeunesses, Michael Scott, États-Unis, 2007-2012
Quelques sorciers et sorcières connues [modifier | modifier le code]
- Circé, sur son île, dans l'Odyssée, la tante de Médée ;
- Médée, qui aida Jason à trouver la Toison d'or, puis, abandonnée par le héros pour une autre, assassina leurs propres enfants ;
- Merlin et Morgane, du mythe arthurien ;
- Gandalf et Saroumane, du Seigneur des Anneaux ;
- Radagast le brun de Bilbo le Hobbit ;
- Harry Potter (et les autres sorciers de la série);
Jeux axés sur la magie [modifier | modifier le code]
Beaucoup de jeux de rĂ´le incluent de la magie, mais ceux qui suivent en ont fait le pivot de leur univers :
- Donjons et Dragons (jeu de rĂ´le papier)
- Magical Starsign (jeu vidéo)
- Final Fantasy (jeu vidéo)
- Ars Magica (jeu de rĂ´le)
- Earthdawn (jeu de rĂ´le)
- Hurlements (jeu de rĂ´le)
- Mage: l'Éveil et Mage: l'Ascension (jeu de rôle)
- Nephilim (jeu de rĂ´le)
- Nobilis (jeu de rĂ´le)
- Talislanta (jeu de rĂ´le)
- Unknown Armies
- World of Warcraft (jeu vidéo)
- The Elder Scrolls III: Morrowind (jeu vidéo)
- The Elder Scrolls IV: Oblivion (jeu vidéo)
- The Elder Scrolls V: Skyrim (jeu vidéo)
- The Witcher (jeu vidéo)
- Dragon Age (jeu vidéo)
- Golden Sun (jeu vidéo)
- Breath of Fire (jeu vidéo)
- Heroes of Might and Magic (jeu vidéo)
- Le Seigneur des anneaux Online (jeu vidéo)
- Harry Potter (jeu vidéo)
- Fire Emblem: Awakening (jeu vidéo)
- Magic the Gathering (jeu de cartes)
- Shadowrun (jeu de rĂ´le)
- The Legend of Zelda (jeu vidéo)
Notes et références [modifier | modifier le code]
- ↑ John Emery Murdoch and Edith Dudley Sylla, The cultural context of medieval learning : proceedings of the first International Colloquium on Philosophy, Science, and Theology in the Middle Ages--September 1973, Dordrecht, Holland ; Boston, D. Reidel, (ISBN94-010-1781-6)
- ↑ (en) F. R. Lehmann et E. Evans-Pritchard, «Witchcraft, Oracles and Magic among the Azande », The Journal of American Folklore , (DOI10.2307/536030, lire en ligne, consultĂ© le )
- ↑ a b c d et e (en) Matteo Benussi, «Magic », Cambridge Encyclopedia of Anthropology , (lire en ligne, consultĂ© le )
- ↑ a et b (en) Jack Hunter, «Anthropology and Psi Research », sur Psi Encyclopedia,
- ↑ (en) Amira El-Zein, Islam, Arabs, and the Intelligent World of the Jinn, Syracuse University Press, (ISBN9780815635147)
- ↑ (en) William Matthews, «'Wisdom', 'Knowledge', and the 'Yi Jing Thought Model': Two Perspectives on the Proper Uses of the Classics in Contemporary Hangzhou », Joint East Asian Studies Conference , (lire en ligne, consultĂ© le )
- ↑ Vandana Singh Kushwah, Rashmi Sisodia et Chhaya Bhatnagar, «Magico-religious and social belief of tribals of district Udaipur, Rajasthan », Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine, vol. 13, no 1, , p. 69 (ISSN1746-4269, PMID29191222, PMCIDPMC5709986, DOI10.1186/s13002-017-0195-2, lire en ligne, consultĂ© le )
- ↑ DĂ©finition Ă©tymologique de magie du Centre national de ressources textuelles et lexicales.http://elearning.unifr.ch/antiquitas/fiches.php?id_fiche=30. Pierre Chantraine, Dictionnaire Ă©tymologique de la langue grecque, t. 3, 1974. Voir sur le mot "magus" et les rĂ©actions de l'Église : Jean-Baptiste Thiers, TraitĂ© des superstitions, 1741, 4 vol.
- ↑ Meillet vieux-perse
- ↑ "Inscription de BĂ©histoun" (515 av. J.-C.), en Ă©criture cunĂ©iforme et en trois langues (vieux perse, babylonien, Ă©lamite)
- ↑ HĂ©raclitĂ©, fragment B 14 : Les prĂ©socratiques, Paris, Gallimard, "PlĂ©iade", 1988, p. 149.
- ↑ HĂ©rodote, L'EnquĂŞte, livre I, 101, trad. du grec, Gallimard, "Folio", t. 1, p. 95.
- ↑ Sur les Mages mèdes : R. C. Zaehner, The Dawn and Twilight of Zoroastrianism (1961), Phoenix Press, 2002, p. 160 sq. G. Widengren, Les religions de l'Iran (1965), trad., Paris, Payot, "Les religions de l'humanitĂ©", 1968, p. 134 sq. Pierre A. Riffard, ÉsotĂ©rismes d'ailleurs, Paris, Robert Laffont, "Bouquins", 1997, p. 503-511.
- ↑ (en) A. de Jong, Zoroastrianism in Greek and Roman Literatute, Leyde, 1997.
- ↑ La Matière première du Magistère
- ↑ Diogène LaĂ«rce, VII, 109 ; IX, 34. Joseph Bidez et Franz Cumont, Les mages hellĂ©nisĂ©s. Zoroastre, Ostanès et Hystaspe d'après les traditions grecques (1938), Paris, Les Belles Lettres, 2t., 1973. Textes mis en grec vers 270 av. J.-C., sous PtolĂ©mĂ©e II Philadelphe. Textes en grec au t. I.
- ↑ Gian Mansi, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio (31 vol., in-folio, Florence et Venise, 1758-1798), vol. VIII.
- ↑ ApulĂ©e, Apologie, ou de la magie (vers 158), XXVI, 6, trad. du latin, Classiques Garnier, 1933, p. 47. Lire Adam Abt, Die Apologie des Apuleius von Madaura un die antike Zauberei, Giessen, A. Töpelmann Verlag, 1908.
- ↑ Helena Blavatsky, Isis dĂ©voilĂ©e (1877), t. 2 : ThĂ©ologie, trad. de l'an., Adyar, 2000.
- ↑ Helena Blavatsky, Glossaire thĂ©osophique (1892), trad., Adyar, 1981, p. 226.
- ↑ «Magick is the Science and Art of causing Change to occur in conformity with Will. », Aleister Crowley, Magick in Theory and Practice (1929-1930), Routledge and Kegan Paul, 1975, p. 125.
- ↑ Papus, A.B.C. illustrĂ© d'occultisme (1922, posthume), Saint-Jean-de-Braye, Dangles, 1984, p. 395.
- ↑ Pierre A. Riffard, Dictionnaire de l'Ă©sotĂ©risme, Paris, Payot, 1983, p. 198.
- ↑ RenĂ© Bailly, Dictionnaire des synonymes de la langue française, Larousse, 1971, p. 356.
- ↑ Edward Evans-Pritchard distingue ainsi witchcraft et sorcery (Witchcraft, Oracles and Magic among the Azande, Oxford, Clarendon Press, 1937, trad. : Sorcellerie, oracles et magie chez les AzendĂ©s, Gallimard, 1972.
- ↑ Karl Preisendanz et Albert Henrichs, Papyri Graecae Magicae. Die Griechischen Zauberpapyri, 2e Ă©d., 1974, 2 vol. Stuttgart, Teubner. Trad. : MichaĂ«l Martin, Les papyrus grecs magiques, Éditions Manuscrit-UniversitĂ©, "Histoire", 2002, 284 p.
- ↑ Sur BĂ´los de Mendès : A.-J. Festugière, La rĂ©vĂ©lation d'Hermès TrismĂ©giste, t. 1 : L'astrologie et les sciences occultes (1944), Paris, Les Belles Lettres, 1981, p. 193-238.
- ↑ Jean Pic de la Mirandole, 900 conclusions (1486), no 782 et 784, trad., Paris, Allia, 1999, p. 195.
- ↑ Paracelse, La grande astronomie (1537, 1re Ă©d. 1571), trad. de l'all., Paris, Dervy, 2000, p. 88, 106, 179. Sur la magie p. 166-175.
- ↑ Sur les analogies et correspondances : Pierre A. Riffard, L'Ă©sotĂ©risme, Robert Laffont, "Bouquins", 1990, p. 335-349 ; Wouter J. Hanegraaff (dir.), Dictionary of Gnosis and Western Esotericism, Leyde, Brill, 2005, t. 1, p. 275-279.
- ↑ Grand papyrus magique de la Bibliothèque nationale de Paris (IV° s.), trad. du grec : Manuel de magie Ă©gyptienne, Paris, Les Belles Lettres, "Aux sources de la Tradition", 1995. Éric Pier Sperandio, Le guide de la magie blanche. Recettes de sorcières (1997), Paris, J'ai lu, "Aventure secrète", 2004, p. 54.
- ↑ Éliphas LĂ©vi : Secrets de la magie, p. 54, 203-204, 824-826.
- ↑ James George Frazer, Le Rameau d'or, t. 1 : Le roi magicien dans la sociĂ©tĂ© primitive (1890), chap. 3, trad., Robert Laffont, "Bouquins". Voir Marcel Mauss, Esquisse d'une thĂ©orie gĂ©nĂ©rale de la magie (1902-1903), in Sociologie et Anthropologie, PUF, 1950, p. 56-66). Les "lois d'associations d'idĂ©es" remontent au philosophe David Hume.
- ↑ Omraam MikhaĂ«l AĂŻvanhov, "Cherchez le Royaume de Dieu et sa Justice", VI, 3 : "La magie divine", FrĂ©jus, Éditions Prosveta, "Synopsis", 1998, p. 463-478. Voir Le livre de la magie divine, FrĂ©jus, Prosveta, "Izvor".
- ↑ O. M. AĂŻvanhov, La livre de la magie divine, FrĂ©jus, Prosveta, "Izvor", chap. 11.
- ↑ Saint Augustin, La citĂ© de Dieu (420-429), X, 29-32.
- ↑ Voir Jean-Baptiste Thiers, TraitĂ© sur les superstitions qui regardent les sacrements d'après l'Ă©criture sainte, les dĂ©crets des Conciles et les sentiments des Saints Pères et des ThĂ©ologiens, Paris, 1741, 4 vol. [rĂ©f. non conforme]|date=7.8.2009
- ↑ Grimoire pour conjurer l'esprit d'un lieu, etc.
- ↑ J. Pic de la Mirandole, Discours sur la dignitĂ© de l'homme (1486). De mĂŞme dans Apologia, 1489.
- ↑ Simon Blocquel, La magie rouge, crème des sciences occultes naturelles ou divinatoires, par l'hellĂ©niste Aaron, 1843, 160 p.
- ↑ Agrippa, Paradoxe sur l'incertitude, vanitĂ© et abus des sciences (1531), chap. 41-46, trad. du latin 1608.
- ↑ Sur le cercle magique : ThĂ©ophraste, Recherches sur les plantes (IIIe s. av. J.-C.), Livre IX, 8, trad. du grec, Les Belles Lettres, coll. "BudĂ©", t. 3, 1989 [rĂ©f. incomplète]
- ↑ Pline l'Ancien, Histoire naturelle [dĂ©tail des Ă©ditions] [lire en ligne] (vers 70, livre XXX, 49 et 107) Traduit du latin, Les Belles Lettres, "BudĂ©", 1974.
- ↑ Guillaume d'Auvergne, De la foi et des lois (De fide et legibus) (vers 1230).
- ↑ Roger Bacon, De l'admirable pouvoir (De secretis operibus artis et naturae) (vers 1260), trad. du latin, Gutenberg Reprints, 2008. Texte en ligne
- ↑ Claude Élien, TraitĂ© sur la nature des animaux (IIIe s.), II, 14, trad. du grec. Voir MichaĂ«l Martin, Magie et Magiciens dans le monde grĂ©co-romain, Paris, Errance, 2005, p. 204.
- ↑ Claude Postel, John Dee. Le Mage de la ruelle d'or, roman, Les Belles Lettres, 1995, p. 106. D'après John Dee, A True and Faithful Relation of What Passed for Many Years between Dr . John Dee and Some Spirits, 1re Ă©d. Casaubon, 1659. [1].
- ↑ Sophocle, Les trachiniennes (415 av. J.-C.), 585.
- ↑ C.C.A.G. Catalogus Codicum Astrologorum Graecorum, Bruxelles, 12 tomes en 20 volumes, 1898 Ă 1953, VIII, 2, p. 143, trad. Festugière.
- ↑ Marsile Ficin, Les trois livres de la vie (De triplici vita) (1489), III, 21 : OpĂ©ra omnia p. 562. D.-P. Walker, La magie spirituelle et angĂ©lique. De Ficin Ă Campanella (1958), Dervy, 1988, p. 26-27.
- ↑ Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, La philosophie occulte, t. 1, p. 1.
- ↑ Jacques de Voragine, La lĂ©gende dorĂ©e (vers 1250), trad., Paris, Gallimard, "PlĂ©iade", 2004, 1550 p.
- ↑ Selon GrĂ©goire de Tours (VIe s)
- ↑ Porphyre, Vie de Pythagore, § 48, Les Belles Lettres, p. 59.
- ↑ (Pseudo-)Paracelse, Liber secundus Archidoxis magicae, Bâle, 1570. Trad. Claude Lecouteux, Le livre des grimoires, Imago, 2002, p. 38.
- ↑ Pic de la Mirandole, 900 Conclusions philosophiques, cabalistiques et thĂ©ologiques (1486), conclusion XXX, trad. du latin, Paris, Allia, 1999, p. 197-201.
- ↑ Sur l'art notoire : Ă©tudes de Julien VĂ©ronèse, dont L'Ars notoria au Moyen Ă‚ge et Ă l'Ă©poque moderne. Étude d'une tradition de magie thĂ©urgique (XIIe - XVII e siècle), thèse, Paris X-Nanterre, 2004.
- ↑ Euripide, IphigĂ©nie en Tauride (414 av. J.-C.), 1336.
- ↑ Marsile Ficin, ThĂ©ologie platonicienne, XIII, 1 : Opera omnia p. 284.
- ↑ Jacob Böhme, Sex puncta mystica, 1620.
- ↑ Papyrus de Berlin. Voir Fritz Graf, La magie dans l'AntiquitĂ© grĂ©co-romaine, Paris, Les Belles Lettres, 1994, p. 126-134, 223-226.
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- ↑ la Magie d'HĂ©nok, Hiramash, Ă©ditions Ambre
- ↑ Dion Cassius, Histoire romaine (III° s.), livre LXXII, 8, trad. du grec, Paris, Les Belles Lettres, "BudĂ©".
- ↑ Platon, Le banquet, 203 a
- ↑ Aleister Crowley, Book of the Law. Liber Legis (1904).
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- ↑ Plotin, EnnĂ©ades (III° s.), traitĂ© 28 (EnnĂ©ade IV.4), trad. du grec, TraitĂ©s 27-29, Garnier-Flammarion, 2004.
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- ↑ Marcel Mauss, Effet physique chez l'individu de l'idĂ©e de mort suggĂ©rĂ©e par la collectivitĂ© (Australie, Nouvelle-ZĂ©lande) (1926), in Sociologie et Anthropologie, PUF, p. 311 sq.
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- ↑ Gerald Gardner, Witchcraft Today (1954), Arrow Books, 1970, 192 p.
- ↑ Wouter J. Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture SUNY (State University of New York) Press, 1998, p. 394.
- ↑ Robert Muchembled (dir.) et Marie-Sylvie Dupont-Bouchat, Magie et sorcellerie en Europe du Moyen âge Ă nos jours, Paris, Armand Colin, , « Le diable apprivoisĂ©, La sorcellerie revisitĂ©e, Magie et sorcellerie au XIXe siècle »
Annexes [modifier | modifier le code]
Articles connexes [modifier | modifier le code]
Auteurs [modifier | modifier le code]
- Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim
- Franz Bardon
- Gerald Gardner
- Éliphas Lévi
- Papus
Notions [modifier | modifier le code]
- Analogies et correspondances
- Animisme
- Art divinatoire
- Art notoire
- Chamanisme
- Démonologie
- Divination
- Ésotérisme
- Hermétisme
- Magie noire
- Magie du Chaos (ou Kaos Magick)
- Nécromancie
- Occultisme
- Pensée magique
- Réalisme magique
- Sorcellerie
- Superstition
- Symbolisme des chiffres
- Symbolisme des couleurs
- Symbolisme des lettres
- Symbolisme des nombres
- Symbolisme des sons
- Théurgie
- Wicca
Techniques / outils [modifier | modifier le code]
- Abracadabra - Baguette magique - Exorcisme - Incantation - Invocation - Thérianthropie (généralisation de la lycanthropie)
Rapports science / magie [modifier | modifier le code]
- Épistémologie - Pensée magique - Science - Zététique - Plante magique
Liens externes [modifier | modifier le code]
- Ephesia Grammata -Études Magiques - Revue scientifique en ligne d'accès libre publiée par des universitaires et des chercheurs spécialisés.
Application De La Peinture Magie D D'ailleurs
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Magie_%28surnaturel%29
Posted by: bynumcoler1965.blogspot.com

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